Les réponses à vos questions

Il s’agit de virus capables d’infecter l’être humain. On en parle de plus en plus actuellement, mais des travaux sur eux existent depuis longtemps. Par exemple, le lien entre les HPV et l’apparition de cancers est connu depuis 1975. On dénombre plus de 100 types différents de HPV, dont environ 40 touchent les organes génitaux. Quelques-uns provoquent des verrues génitales et environ 16 sont responsables de cancers, en particulier du cancer du col de l’utérus.

Il existe plus de 100 papillomavirus humains (HPV) différents. La plupart sont sans danger, comme ceux qui ne provoquent que des verrues sur les mains et les pieds. Dans la plupart des cas, le système immunitaire élimine le virus.

 

Plus de 40 types de papillomavirus humains peuvent occasionner des maladies génitales. Parmi eux, quatre sont responsables des maladies génitales les plus fréquentes :

●     Certains types sont dits “à haut risque“ (tels que les HPV 16 et 18) : ils peuvent en effet provoquer des modifications des cellules de la muqueuse du col de l’utérus qui peuvent évoluer en cancer.

●     Certains types sont dits “à bas risque“ tels que les HPV 6 et 11 : ils peuvent entraîner des verrues génitales (aussi appelées condylomes) et des lésions bénignes (anormales, mais non cancérigènes) du col de l’utérus.

La plupart du temps, il n’y a aucun symptôme et le virus disparaît de lui-même. Dans certains cas, il peut arriver que le virus provoque des verrues (aussi appelées condylomes) ou des lésions précancéreuses. Elles peuvent venir sans que l’on s’en aperçoive, notamment si elles sont au niveau du col de l’utérus ou de l’anus. Pour les filles et les femmes, on peut détecter précocement ces lésions au niveau du col de l’utérus lors des contrôles gynécologiques.

Chez les garçons/hommes, les verrues (condylomes) sur le pénis sont visibles. En revanche, au niveau anal, une infection passe fréquemment inaperçue.

Les virus HPV peuvent infecter les cellules du vagin, des lèvres de la vulve, du col de l’utérus, et de l’anus. Lorsqu’il s’agit des types de HPV “à haut risque“, c’est-à-dire cancérigènes, ils peuvent entraîner des modifications de la muqueuse et un pré-cancer peut en résulter. Si ces stades précurseurs (pré-cancer) ne sont pas décelés suffisamment tôt et traités, un cancer peut apparaître. Parmi les types de HPV “à haut risque“, les types 16 et 18 sont responsables de 70% des cancers du col de l’utérus. Environ 20% sont causés par six autres types de HPV (31, 33, 35, 45, 52, 58), et les 10% restant par une dizaine d’autres types d’HPV.

Une infection à HPV survient par simple contact au niveau des parties génitales et parfois indirectement. La transmission intervient principalement au cours des contacts sexuels, même s’il n’y a pas pénétration. Ces virus HPV peuvent également être transmis par le sexe oral et infecter la gorge.

L’usage du préservatif ne protège que partiellement contre les virus HPV, alors qu’il est hautement efficace pour les autres infections sexuellement transmissibles (IST) (infection par le VIH par exemple).

L’infection par les virus HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente : 70 à 80% des personnes sexuellement actives peuvent être infectées un jour ou l’autre par les HPV.

Les papillomavirus humains sont très répandus, et par ailleurs facilement transmissibles. Comme ils sont souvent inactifs (absence de lésions visibles), on peut les transmettre ou les acquérir sans le savoir. Ils peuvent infecter aussi bien les hommes que les femmes. La très grande majorité d'entre nous sera infectée au moins une fois dans sa vie par un virus HPV.

Il suffit d’un seul partenaire porteur du virus pour être contaminé.e, et un seul rapport sexuel peut suffire. Des études ont révélé que les papillomavirus humains sont souvent contractés pendant l’adolescence et par les jeunes adultes.

Oui, ils jouent un rôle important dans le développement de nombreux autres cancers, à savoir une grande partie des cancers de l’anus, du vagin, du pénis, et une partie des cancers de la gorge.

Il semble que les HPV peuvent aussi favoriser le développement d’autres cancers que ceux-ci, mais c’est encore à l’étude.

En france, le cancer du col de l’utérus est la quatrième pathologie cancéreuse chez les jeunes femmes. Pratiquement la moitié des femmes a moins de 50 ans, un quart a moins de 40 ans. Environ 3000 cas de ce cancer sont diagnostiqués chaque année en France et 1000 femmes en décèdent chaque année.

Le fait d’être porteur du virus, à un moment donné, n’est pas grave en soi. Encore une fois, il s’agit d’un virus banal. Le problème se pose lorsque le virus n’est pas éliminé et persiste. Actuellement, ce qui est proposé pour prévenir le cancer du col de l’utérus est de rechercher directement des cellules modifiées par le virus. Cela est fait par le frottis cervical qui permet de  rechercher des lésions précancéreuses (modifications cellulaires). C’est pourquoi des contrôles réguliers par frottis sont importants, même chez les femmes ayant reçu une vaccination contre les virus HPV.

Aucun médicament ne permet aujourd’hui d’éliminer les virus HPV. La plupart des infections se guérissent d’ailleurs d’elles-mêmes. En revanche, il est possible de traiter les verrues (condylomes) et les autres lésions de la zone génitale.

Oui, bien sûr ! L’infection à HPV ne réduit pas la fertilité.

Il faut cependant noter que si on a eu une maladie liée aux HPV (une lésion précancéreuse) qui a été opérée à un stade avancé, les cicatrices laissées par la chirurgie de ces lésions favorisent les fausses-couches et les naissances prématurées.

Par ailleurs, chez les femmes enceintes, les verrues génitales peuvent grossir en raison des changements hormonaux liés à la grossesse.

Enfin, le risque de transmission à l’enfant est très rare. Exceptionnellement, lorsque cela survient, le virus passe pendant l’accouchement de la mère à l’enfant qui peut développer des verrues dans la gorge (papillomatose laryngée).

Si le laboratoire constate des modifications cellulaires dans le frottis, le médecin traitant proposera une surveillance à la patiente. Selon le cas, il sera nécessaire d’effectuer des examens complémentaires : examen des cellules du col utérin avec un microscope spécial ou prélèvement des cellules. On recherchera alors avec plus de précision les anomalies cellulaires. Si celles-ci sont confirmées, on peut être amené à traiter la zone concernée. Différentes méthodes existent à cet effet.

Oui. D’une part parce que lorsqu’on est infecté par un HPV, les anticorps que le système immunitaire met en place ne protègent pas bien contre le même virus. Par ailleurs, comme il existe au moins 100 types différents de HPV – 40 d’entre eux touchant la zone génitale –, on peut toujours être infecté par un nouveau type de virus.

Oui, car même si elle a une vie sexuelle avec un seul partenaire, ou bien si elle n’a pas de rapport sexuel pendant une période plus ou moins longue, une femme peut avoir été infectée par un HPV par le passé, et les cellules du col utérin peuvent avoir été modifiées par cette infection antérieure. Les cellules infectées par un virus HPV peuvent rester « tranquilles » pendant des mois ou des années et soudain se multiplier sans raison apparente. C’est pourquoi des frottis réguliers sont utiles pour toutes les femmes.

Il est possible de se protéger contre certains papillomavirus responsables d'une grande partie des lésions précancéreuses et/ou des cancers ano-génitaux grâce à la vaccination.

 

Le préservatif ne marche pas très bien contre cette infection (alors qu’il est très efficace, par exemple, contre l’infection par le VIH). Par ailleurs, on peut être contaminé même sans pénétration. Enfin, comme l’infection n’entraîne souvent aucun signe, on peut transmettre ou acquérir l’infection sans le savoir.

Deux vaccins (Gardasil® et Cervarix®) protègent contre deux types de HPV “à haut risque“ (16 et 18) responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus et de 80 % des cancers de l’anus. L’un des vaccins (Gardasil®) protège également contre deux types de HPV “à bas risque“  (6 et 11) responsables de 90 % des verrues génitales.

 

En fonction de l'âge, 2 ou 3 injections sont indispensables pour une vaccination efficace.

 

Schéma :

 

Entre 11 et 14 ans

Gardasil®

Cervarix®

1ère injection

Entre 11 et 13 ans

Entre 11 et 14 ans

2ème injection

6 mois plus tard

6 mois plus tard

 

Entre 14 et 19 ans

Gardasil®

Cervarix®

1ère injection

Entre 14 et 19 ans

Entre 15 et 19 ans

2ème injection

2 mois après la 1ère injection

1 mois après la 1ère injection

3ème injection

4 mois après la 2ème injection

5 mois après la 2ème injection

Le protocole de vaccination comprend deux ou trois doses de vaccin anti HPV, administrées sur une durée de 6 à 12 mois. Ce n’est qu’après l’injection de la dernière dose que le vaccin fait pleinement son effet de façon durable.

Comme la vaccination est plus efficace pour les personnes qui ne sont pas infectées par les virus 6, 11, 16 et 18, il est conseillé de se faire vacciner avant les premiers  rapports sexuels.

Oui, bien sûr !

Même s’il est préférable que la vaccination intervienne avant les premières relations sexuelles, celles-ci ne constituent pas une contre-indication. Le vaccin reste efficace contre les types de HPV par lesquels on n’a pas encore été infecté. Si vous avez des doutes, parlez-en à votre médecin.

Au moins 15 types de HPV peuvent causer un cancer. Pour des raisons techniques, les vaccins actuels ne protègent que contre les types de HPV les plus fréquents. Toutefois, un vaccin contre 7 HPV “à haut risque“ (et non pas 2 comme actuellement) est en développement.

La vaccination contre les virus HPV peut dans certains cas être proposée aux hommes. Il existe plusieurs arguments : d’une part, si les hommes sont protégés, ils ne transmettent pas le virus aux femmes ; d’autre part, ils sont également atteints de cancers liés aux virus HPV : cancers de l’anus, cancers du pénis, cancers de la gorge …

Plusieurs pays proposent d’ailleurs de vacciner indifféremment toute la population (garçons et filles) après 10 ans : les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Australie…

En France, on recommande de vacciner toutes les jeunes filles après 10 ans, mais aussi les jeunes hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (vaccination jusqu’à 26 ans), et les garçons ou jeunes hommes qui ont une baisse de l’immunité (par exemple après une greffe) (jusqu’à 19 ans). Il est possible que ces recommandations évoluent dans le futur, et que la vaccination soit indifféremment proposée à tous les garçons, comme c’est actuellement le cas pour les filles.

En général, la vaccination anti HPV est très bien supportée. On observe parfois des rougeurs et des douleurs touchant la zone de la piqûre, ou des maux de tête passagers et de la fièvre. Ces effets secondaires sont brefs.

Dans de très rares cas, des symptômes plus graves comme l’urticaire ou les troubles respiratoires allergiques peuvent apparaître. Le médecin doit être prévenu aussitôt si de tels symptômes (ou autres) apparaissent après la vaccination.

Comme pour tous les vaccins, les autorités de santé françaises, européennes et mondiales réalisent un suivi régulier de ces vaccins contre les virus HPV. Ce suivi confirme leur sécurité.

Plus de 300 millions de doses du vaccin ont été injectées dans le monde depuis plus de 10 ans : on dispose donc de beaucoup de recul pour apprécier la très bonne tolérance du vaccin.

Chez les femmes, l’efficacité des vaccins a été mesurée sur les lésions précancéreuses, et on en déduit l’efficacité sur les cancers, car on ne peut pas laisser une femme atteinte d’une lésion précancéreuse sans la soigner. Pour les femmes qui n’avaient jamais été infectées, l’efficacité mesurée sur les lésions précancéreuses dues aux types de HPV inclus dans les vaccins était supérieure à 80 %.

 

En Australie, le taux d’infection au virus a chuté de 22,7 % à 1,1 % entre 2005 et 2015 parmi les femmes âgées de 18 à 24 ans.

 

Ces chiffres montrent l’importance de se faire vacciner avant les premières relations sexuelles : c’est pourquoi on recommande de débuter la vaccination dès 11 ans. Etant donné l’intérêt du vaccin, on peut cependant faire la vaccination jusqu’aux âges limites recommandés, même si on a déjà eu des relations sexuelles.

La vaccination ne protège pas contre tous les types de virus HPV, aussi des frottis réguliers sont indispensables. D’autres types de virus HPV sont responsables d’environ 30% des cancers du col de l’utérus.

Le coût de chaque dose de vaccin est pris en charge à 65% par votre caisse d’assurance maladie. Le reste est généralement remboursé par les organismes complémentaires.

La vaccination peut être gratuite dans certains centres de vaccination, municipaux ou départementaux.

Pour les personnes qui bénéficient de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), la prise en charge est à 100% et sans avance de frais.

Le fait d’être porteur à un moment donné du virus n’est pas grave en soi. Encore une fois, il s’agit d’un virus banal. Le problème se pose lorsque le virus n’est pas éliminé et persiste. Actuellement, ce qui est proposé pour prévenir le cancer  du col de l’utérus, est de rechercher directement des cellules modifiées par le virus. Cela est fait par le frottis cervical, qui permet de  rechercher des lésions précancéreuses (modifications cellulaires). C’est pourquoi des contrôles réguliers par frottis sont importants, même chez les femmes ayant reçu une vaccination contre le virus HP.

L'intérêt de la vaccination pour les garçons et les jeunes hommes est double :

  • d'une part, si les hommes sont vaccinés, ils ne sont pas infectés, et donc ils ne pourront pas transmettre pas le virus aux femmes : cela permet de limiter plus efficacement la circulation du virus. C'est la raison pour laquelle de nombreux pays recommandent déjà de vacciner filles et garçons sans distinction.
  • d'autre part, les hommes sont également atteints de cancers liés aux virus HPV : cancers de l'anus, cancers du pénis, cancers de la gorge ... La vaccination les protège donc aussi contre la majeure partie des cancers de l'anus et du pénis ; pour les cancers de la gorge, cela est très probable, mais les études sont toujours en cours.