Les virus HPV

Virus HPV et cancers

 

Il s’agit d’une grande famille de virus, comptant 200 types différents :

  • certains des virus HPV infectent la peau, et sont à l’origine des verrues (sur les pieds, les mains…) ;
  • d’autres virus HPV infectent les muqueuses, en particulier les muqueuses génitales (le col de l’utérus, le vagin, le gland du pénis), la muqueuse de l’anus, et les muqueuses de la bouche. Ils peuvent également infecter la peau des zones génitales : les lèvres du sexe féminin, la verge et les bourses chez l’homme …

 

 

Ces virus infectent aisément l’être humain, et se transmettent assez facilement entre deux personnes. Pour les virus qui infectent la zone génitale, en particulier, ils sont transmis lors de relations sexuelles, même s’il n’y a pas pénétration. La majorité des personnes ayant des relations sexuelles, même avec un seul partenaire, seront infectées au cours de leur vie.

 

 

 

Dans la plupart des cas, l’infection passe complètement inaperçue et n’a pas de conséquences : le système immunitaire élimine le virus en quelques semaines sans aucun symptôme. Dans d’autres cas, le virus est responsable d’anomalies de la peau et des muqueuses : les verrues, les condylomes (c’est-à-dire les verrues génitales), et des anomalies pré-cancéreuses et des cancers. Le virus est en effet capable de dérégler la croissance des cellules, expliquant ces manifestations parfois cancéreuses.

 

 

 

Ainsi, on sait depuis plusieurs décennies que l’un des cancers de la femme, le cancer du col de l’utérus (3000 cas par an en France), est lié au virus HPV dans tous les cas. Deux types d’HPV sont particulièrement impliqués, les HPV-16 et HPV-18 : ils sont à eux deux responsables de 70 % des cancers du col. Chez ces femmes, le virus a réussi à persister, et à dérégler durablement la croissance des cellules, ce qui débouche après plusieurs années sur des lésions précancéreuses puis un cancer.

 

 

 

On sait également maintenant que le virus est impliqué dans la majeure partie des cancers de l’anus et du gland du pénis, et dans environ un cas sur 3 de cancer de la gorge.

 

 

 

 

Le vaccin contre les virus HPV

 

 

Depuis une quinzaine d’années, un vaccin contre les virus HPV est disponible. Il s’agit d’un vaccin inerte, non vivant : il ne contient en effet aucun virus entier, mais seulement des enveloppes virales (« capsides ») recrées en laboratoire. Ces particules ne peuvent pas infecter de cellules ; par contre, elles permettent de déclencher la production par le système immunitaire d’anticorps anti-capsides, qui sont très efficaces pour éliminer le virus.

 

 

 

Un des vaccins, le Cervarix®, protège contre les deux principaux HPV cancérigènes, HPV-16 et HPV-18 ; l’autre vaccin disponible, le Gardasil®, protège contre ces deux HPV, et également contre deux HPV responsables de verrues génitales (condylomes) : HPV-6 et HPV-11. Un vaccin protégeant contre 9 types différents d’HPV est actuellement développé, mais n’est pas encore disponible.

 

 

 

La vaccination consiste en 2 ou 3 injections (selon les cas) étalées sur 6 mois.

 

 

 

 

L’efficacité des vaccins contre les HPV

 

 

Le but principal du vaccin est d’éviter les cancers liés aux HPV, en particulier le cancer du col de l’utérus. On vaccine donc les personnes de façon à ce qu’elles ne développent pas d’infection par les HPV, et que ceux-ci ne puissent pas entrainer de cancer ensuite.

 

 

 

Les études qui ont été réalisées pour démontrer l’efficacité du vaccin ont permis d’apporter des données ; celles qui ont été réalisées après la mise sur le marché, sur un nombre de personnes encore plus important, ont également fourni des résultats importants.

 

 

 

Ces différents travaux ont montré une efficacité du vaccin sur les différentes étapes étudiées :

  • la prévention de l’infection
  • la prévention des verrues génitales (pour le vaccin ciblant aussi les HPV6 et -11)
  • la prévention des lésions précancéreuses.

 

 

 

Pour ce qui concerne les cancers, les études n’ont pas assez de recul pour voir la protection, car ces cancers s’installent plus de 10 ans après l’infection ; cependant, étant donné l’effet majeur de la vaccination sur les lésions précancéreuses, il est certain qu’il y aura un effet tout aussi important sur les cancers.

 

 

 

La protection contre les lésions pré-cancéreuses est dans les études de 75 % (c’est-à-dire que la vaccination permet d’éviter 3 cas sur 4). La protection contre les cancers sera donc de même niveau. Les vaccins actuels ne protègent donc pas contre 100 % des cancers, ce qui rend toujours utile le dépistage par le frottis du col de l’utérus.

 

 

 

Il est recommandé en France de réaliser la vaccination chez toutes les jeunes filles dès 11 ans, chez tous les jeunes hommes dont le système immunitaire est altéré (les greffés qui reçoivent un traitement anti-rejet par exemple, ou ceux qui ont une maladie de l’immunité) dès 11 ans, et chez tous les jeunes hommes jusqu’à 26 ans s’ils ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. D’autres pays (la Suisse, les USA, le Royaume-Uni, l’Australie …) ont choisi de vacciner dès 11 ans toutes les jeunes filles et tous les garçons ; cette orientation est en discussion en France.

 

 

 

 

La tolérance des vaccins contre les HPV

 

 

La survenue d’effets indésirables après vaccination contre les HPV a été très étudiée : d’abord dans les essais cliniques initiaux ; puis à très grande échelle depuis que le vaccin a été utilisé dans des pays entiers  (plus de 150 millions de personnes ont en effet été vaccinées à ce jour).

 

 

 

Les effets indésirables suivants ont été reliés aux vaccins contre les HPV :

  • des douleurs transitoires et modérées au point d’injection
  • une faible fièvre transitoire dans les heures suivant l’injection
  • dans de très rares cas, des allergies au vaccin, faisant déconseiller l’utilisation du type de vaccin injecté.

 

 

 

La survenue de maladies auto-immunes ou inflammatoires a par ailleurs été très étudiée. Aucun lien n’a été montré avec la sclérose en plaques (SEP) ou d’autres maladies, sauf dans une seule étude, qui a suggéré un risque très faible de syndrome de Guillain-Barré (1 pour cent mille personnes vaccinées), qui n’a pas été retrouvé dans d’autres études.

 

 

 

Les études et la surveillance rapprochée se poursuivent pour s’assurer qu’aucun autre effet ne survienne ; mais le rapport entre les bénéfices très importants du vaccin et les risques très faibles ont conduit la France, comme de très nombreux autres pays, à recommander largement la vaccination contre les HPV.

 

 

 

Information rédigée par Pr O.Epaulard, infectiologie, CHU Grenoble Alpes