Cancer du col de l'utérus

Quel est ce cancer ?

Le cancer du col de l’utérus provoque chaque année près de 1100 décès en France. Il est possible d’agir aujourd’hui très précocement face à ce cancer, soit avec la vaccination des adolescentes, soit par le dépistage pour les femmes plus âgées. Vaccination et dépistage par frottis constituent des moyens complémentaires d’agir face au cancer du col de l’utérus. Ce cancer est lié à la persistance au niveau des cellules du col de l’utérus d’un virus de la famille des papillomavirus, ou HPV, cause obligatoire de ce cancer.

Environ 3000 nouveaux cas de cancer invasif du col de l’utérus surviennent chaque année en France. Ce cancer du col de l’utérus est ainsi le 12e cancer le plus fréquent chez la femme. Incidence et mortalité sont en baisse régulière depuis 30 ans dans tous les pays développés. Ces évolutions peuvent être en grande partie expliquées par le développement du dépistage individuel par frottis depuis les années 1960. Le cancer du col de l’utérus est un cancer de pronostic dit « intermédiaire » avec un taux de survie relative à 5 ans estimé à 70 %. Par ailleurs, le cancer du col de l’utérus est un cancer de très bon pronostic lorsqu’il est détecté et traité à un stade précoce. Il peut même être évité par le traitement des lésions précancéreuses qui le précèdent.

Les papillomavirus sont aussi responsables, moins fréquemment, d'autres cancers chez les femmes comme chez les hommes.

 

 

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Comment passe-t-on de l'infection du col par HPV au cancer du col de l'utérus ?

Lorsque le virus est arrivé sur sa cible (ici les HPV ont un tropisme pour les cellules du col de l'utérus), il attaque ces cellules et crée une prolifération des cellules locales. Si cette infection persiste, les cellules sont profondément modifiées et deviennent alors pré-cancéreuses.

Une fois que les cellules sont pré-cancéreuses, elles perdent leur morphologie et leurs fonctions. Leur multiplication devient anarchique. En l'absence de prise en charge, les cellules prennent ainsi de plus en plus de place et deviennent mobiles. Elles vont ainsi pouvoir s'étendre localement sur les organes à proximité du col de l'utérus. Les différents organes perdent petit à petit leur capacité à travailler.

Les cellules deviennent cancéreuse une dizaine d'année après l'infection par les HPV

Comment prévenir le cancer du col de l'utérus?

La prévention du cancer du col repose sur deux moyens de prévention complémentaires : la vaccination contre les HPV et le dépistage organisé par frottis cervico-utérin.
La vaccination est une protection efficace contre les principaux virus HPV responsables des lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses du col de l'utérus. Les vaccins actuels ne protègent pas contre 100% des lésions dues aux HPV, ce qui rend toujours nécessaire le dépistage par le frottis du col de l'utérus.

Lien vers quelle protection apporte le vaccin ?

Le dépistage du cancer du col

Le dépistage du cancer du col de l’utérus repose actuellement sur le frottis cervico-utérin, appelé communément « frottis ». Il est recommandé chez les femmes de 25 à 65 ans tous les trois ans après deux frottis normaux effectués à un an d’intervalle. Avant 25 ans, il existe aussi des lésions du col en lien avec des virus HPV, mais à cet âge, ces anomalies guérissent seules dans la quasi-totalité des cas. Ce dépistage s’effectue généralement sur proposition du médecin traitant, du gynécologue ou de la sage-femme. En France en moyenne, seulement 58% des femmes concernées se font suivre à un rythme suffisant (3 ans), et une partie d’entre elles, le fait à l’inverse trop fréquemment (tous les ans ou 2 ans).

Au cours d’un examen gynécologique, après mise en place d’un spéculum, on prélève des cellules sur le col de l’utérus au fond du vagin, à l’aide d’une petite brosse ou d’une spatule. Le prélèvement est ensuite adressé à un médecin spécialiste, l’anatomo-cytopathologiste, pour lecture et interprétation. Le frottis est pris en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 65 %, hors dépassement d’honoraires et remboursement des organismes complémentaires. Le dépistage du cancer du col de l’utérus peut être également réalisé dans un certain nombre de structures de soins (établissements hospitaliers, centres de santé, laboratoires d’analyses avec une prescription médicale...) ou de prévention (centres d’examens de santé dans le cadre du bilan de santé, centres de planification...). En cas de test positif, des examens complémentaires sont réalisés afin de déterminer la nature de l’anomalie.

Le test de dépistage permet de dépister les lésions pré-cancéreuses ou les cancers à un stade peu avancé tandis que la vaccination prévient l'infection elle-même et réduit ainsi les risques de survenue de ces lésions.

En effet la vaccination confère une prévention de l'infection par le HPV, ces virus n'auront donc pas l'occasion d'engendrer les lésions dépistées par :

Si la vaccination n'a pas été réalisée, les HPV peuvent infecter le col de l'utérus et provoquer les lésions qui seront dépistées par le frottis.

 

Cette vaccination cible les types de HPV les plus répandus, à l'origine de 70 à 90% des cancers du col de l'utérus. Elle ne protège donc pas à 100% contre les infections du col de l'utérus, même si elle réduit fortement le risque d'en développer. 

La vaccination ne peut ainsi se substituer au test de dépistage cervico-utérin, qui doit être réalisé tous les 3 ans chez les femmes à partir de 25 ans et jusqu'à 65 ans, après deux tests de dépistage normaux à un an d'intervalle.

En France, 35 000 lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses du col de l'utérus sont dépistées chaque année et peuvent faire l'objet de gestes chirurgicaux.

Les femmes vaccinées ont un risque inférieur de développer des lésions du col de l'utérus et de souffrir des répercutions psychologique et obstétricales pouvant être liées à ces gestes (accouchement prématuré, etc.)

Quels sont les autres cancers induits pas HPV ?

 

Source :

(1) Léone N, et al. Projection de l'incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2015. Rapport technique Saint-Maurice (FRA) : Institut de veille sanitaire ; 2015. 62p

(2) St Guily JL, et al. Human papillomavirus genotype distribution in oropharynx and oral cavity cancer in France - The EDiTH VI study. J Clin Virol. 2011 Jun ; 51 (2) : 100-4

Source : MA.Dommergues, f. Vié le Sage, " HPV chez l'homme, intérêt de la vaccination " (présentation à la 7ème réunion d'infectiologie pédiatrique de l'Arc alpins, Aix-les-Bains; 1èr février 2019).

 

 

Quel est le rôle de l'ODLC ?

Dans chaque région ou département, il existe un organisme chargé par l’Etat et l’Assurance  maladie d’organiser un programme de dépistage organisé pour ce cancer. En Isère, c’est actuellement l’Office De Lutte contre le Cancer (ODLC) qui en est chargé. L’ODLC reçoit les fichiers de l’Assurance maladie et les résultats des frottis faits par des pathologistes pour les femmes de l’Isère. L’ODLC peut ainsi d’une part inviter les femmes non suivies à se faire dépister, et d’autre part s’assurer que les frottis anormaux font bien l’objet d’une prise en charge, en contactant les médecins traitants. Le coût de lecture du frottis est alors pris en charge à 100% afin de permettre à toutes les femmes d’en bénéficier.

En savoir plus sur l'ODLC Isère

Information rédigée par Dr A.Garnier, ODLC