Les virus HPV

Qu'est-ce qu'un HPV ?

Il s’agit d’une grande famille de virus, comptant 200 types différents :

  • certains des virus HPV infectent la peau, et sont à l’origine des verrues (sur les pieds, les mains…) ;
  • d’autres virus HPV infectent les muqueuses, en particulier les muqueuses génitales (le col de l’utérus, le vagin, le gland du pénis), la muqueuse de l’anus, et les muqueuses de la bouche. Ils peuvent également infecter la peau des zones génitales : les lèvres du sexe féminin, la verge et les bourses chez l’homme.

 Qui peut attraper une infection?

Ces virus infectent aisément l’être humain, et se transmettent assez facilement entre deux personnes. Pour les virus qui infectent la zone génitale, en particulier, ils sont transmis lors de relations sexuelles, même s’il n’y a pas pénétration. La majorité des personnes ayant des relations sexuelles, même avec un seul partenaire, seront infectées au cours de leur vie.

Les préservatifs ne suffisent pas à se protéger contre les HPV. La contamination ne nécessite pas obligatoirement une pénétration, un simple contact peau/muqueuse suffit au virus pour se propager. Toutefois il reste recommandé d'utiliser un préservatif pour se protéger de toutes les autres infections sexuellement transmissibles.

 De quelles lésions les HPV peuvent-ils être responsables ?

Mode d'action des HPV

 

Une fois que les HPV ont trouvé leur cible, ils créent une prolifération des cellules du col de l'utérus. Cette multiplication peut soit s'arrêter et disparaitre, soit évoluer vers des lésions précancéreuses, puis un cancer.

Dans la majorité des cas, l'infection s'élimine naturellement en 1 à 2 ans après la contamination.
Toutefois dans 10% des cas, cette infection persiste et peut entrainer des lésions pré-cancéreuses au niveau des cellules du col de l'utérus.
Ces lésions vont soit régresser, soit persister, soit évoluer vers un cancer du col de l'utérus.
On dénombre 35 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses du col de l'utérus dépistées chaque année.
Leur prise en charge peut avoir des retentissements importants pour l'avenir obstétrical de la femme (risques d'accouchements prématurés).

Les types de lésions

Dans la plupart des cas, l'infection passe complétement inaperçue et n'a pas de conséquences : le système immunitaire élimine le virus en quelques semaines sans aucun symptôme. dans d'autres cas, le virus en quelques semaines sans aucun symptôme. Dans d'autres cas, le virus est responsable d'anomalies de la peau et des muqueuses : les verrues, les condylomes (c'est à dire les verrues génitales), et des anomalies pré-cancéreuses et des cancers. Le virus est en effet capable de dérégler la croissance des cellules, expliquant ces manifestations parfois cancéreuses.
Ainsi, on sait depuis plusieurs décennies que l'un des cancers de la femme, le cancer du col de l'utérus (3 000 cas par an en France), est lié au virus HPV dans tous les cas. Deux types d'HPV sont particulièrement impliqués, les HPV-16 et HPV-18 : ils sont à eux deux responsables de 70% des cancers du col. Chez ces femmes, le virus a réussi à persister, et à dérégler durablement la croissance des cellules ce qui débouche après plusieurs années sur des lésions pré-cancéreuses puis un cancer.
On sait également maintenant que le virus est impliqué dans la majeure partie des cancers de l'anus et du gland du pénis, et dans environ un cas sur 3 de cancer de la gorge.

Un condylome

Le condylome (ou verrue génitale) est une lésion bénigne, visible à l'oeil nu, due à la présence des HPV (en particulier les HPV 6 ET 11) sur les muqueuses. C'est une sorte de verrue, une excroissance qui peut prendre diverses formes. On les retrouves donc là où les HPV ont élu domicile, c'est à dire dans la sphère ano-génitale. Les condylomes ne mettent que quelques mois à apparaitre après infection par le HPV.

Les types de HPV non cancérogènes (en particulier 6 et 11) peuvent également provoquer une papillomatose respiratoire (maladie au cours de laquelle se développent des tumeurs dans les voies respiratoires reliant le nez et la bouche aux poumons).

Bien que ces affections débouchent très rarement sur un décès, elles peuvent entrainer une forte occurence de la maladie. Les condylomes sont très courants et hautement contagieux.

D'après l'OMS.

 

 

Source : MA. Dommergues, f.Vié le Sage, " HPV chez l'homme, intérêt de la vaccination " (présentation à la 7ème réunion d'infectiologie pédiatrique de l'Arc Alpins, Aix-les-Bains, 1er février 2019).

 Quelle protection apporte le vaccin ?

Le vaccin contre les virus HPV

Depuis une quinzaine d'année, un vaccin contre les virus HPV est disponible. Il s'agit d'un vaccin inerte, non vivant : il ne contient en effet aucun virus entier, mais seulement des enveloppes virales (capsides) recrées en laboratoire. Ces particules ne peuvent pas infecter des cellules, par contre elles permettent de déclencher la production par le système immunitaire d'anticorps anti-capsides, qui sont très efficaces pour éliminer le virus.
Un des vaccins, le Cervarix, protège contre les deux principaux HPV cancérigènes, HPV-16 et HPV-18 ; l'autre vaccin disponible, le Gardasil, protège contre ces deux HPV, et également contre deux HPV responsables de verrues génitales (condylomes) : HPV-6 et HPV-11. Le Gardasil 9, un vaccin protégeant contre 9 types différents d'HPV est actuellement disponible. Il contient 5 types de virus HPV supplémentaires par rapport au vaccin Gardasil : HPV 31, 33, 45, 52 et 58. C'est 5 autres virus HPV font également courir un risque élevé de développer un cancer.

La vaccination consiste en 2 ou 3 injection (selon les cas) étalées sur 6 mois.

Le vaccin : Qu'est-ce-que c'est exactement?

Le vaccin mime l'enveloppe du virus HPV. Il est constitué de protéines reconstituant le manteau du virus mais dont le contenant est vide. Ce manteau vide est donc inoffensif.

 

 

Comment ça marche un vaccin ?

Notre système immunitaire est composé :

C'est globules blancs, au contact d'intrus dans le corps, créent des armes de défenses :

Les anticorps vont neutraliser et détruire les intrus pour qu'ils ne causent pas de dégâts dans le corps et pour le HPV sur les cellules du col de l'utérus. En effet lorsqu'on injecte un vaccin, nous permettons à notre système de défense de repérer la forme du virus et de trouver les solutions pour l'éradiquer, sans avoir à injecter le virus actif lui-même.
Notre système immunitaire (les globules blancs) peut donc prendre le temps de créer une défense efficace (les anticorps) sans avoir à gérer une infection crée par le virus actif. La production d'anticorps est donc plus rapide.
Ainsi lorsqu'il sera en contact avec le virus HPV entier, il reconnaitra immédiatement sa forme et activera les défenses préalablement crées.

Pourquoi se faire vacciner si nos défenses immunitaires sont efficaces ?

Concrètement le vaccin nous protège contre quoi ?

La vaccination a un impact majeur sur les lésions dues aux HPV :

  • L'infection : une réduction de 83% de la prévalence des HPV 16 et 18 parmi les jeunes filles de 13-19 ans.
  • Les verrues génitales aussi appelées condylomes : une réduction de 67% des verrues ano-génitales parmi les jeunes gemmes de 15-19 ans.
  • Les lésions pré-cancéreuse : une réduction de 51% des lésions pré-cancéreuses de haut grade (CIN2+) parmi les jeunes femmes dépistées de 15-19 ans.

Le vaccin permettrait ainsi d'éviter les cancers liés aux HPV (6 300 cancers par an en France), en particulier le cancer du col de l'utérus (3 000 par an en France dont 1 100 décès).

Source : Publication sur NCBI, en savoir plus ici

 

L'efficacité des vaccins contre les HPV

Le but principal du vaccin est d'éviter les cancers liés aux HPV, en particulier le cancer du col de l'utérus. On vaccine donc les personnes de façon à ce qu'elles ne développent pas d'infection par les HPV, et que ceux-ci ne puissent pas entrainer de cancer ensuite.
Les études réalisées ont montré une efficacité du vaccin sur les différentes étapes étudiées : celles qui ont été réalisées après la mise sur le marché, sur un bon nombre de personne encore plus important, ont également fourni des résultats importants. Ces différents travaux ont montré une efficacité du vaccin sur la prévention de l'infection, la prévention des verrues génitales (pour le vaccin ciblant aussi les HPV6 et -11), la prévention des lésions pré-cancéreuses.

Une fois que les HPV ont trouvé leur cible, ils créent une prolifération des cellules du col de l'utérus. Cette multiplication peut soit s'arrêter et disparaitre, soit évoluer vers des lésions pré-cancéreuses, puis un cancer.

En Suède par exemple, une réduction des lésions pré-cancéreuses de 75% a été observée chez les jeunes filles vaccinées avant l'âge de 17 ans en comparaison aux autres jeunes filles. Ces résultats confirment en vie réelle l'efficacité qui avait été préalablement analysée dans les essais cliniques pour le développement des deux vaccins sur la protection des infections par les virus HPV 16 et 18, ainsi que des lésions pré-cancéreuses associées.

Source : Institut du cancer

 

Une étude australienne a montré que la prévalence des infection par les HPV couvertes par le vaccins est passée de 22,7% (2005-2007) à 1,5% (2015) chez les jeunes femmes de 18-24 ans. Ces résultats ont conduit l'International papillomavirus society (IpVS) à déclarer que la combinaison d'un fort taux de couverture vaccinale contre les HPV et d'un fort taux de participation au dépistage du cancer du col de l'utérus comme problème de santé publique.

Cliquez ici pour en voir plus sur l'étude australienne.

A noter, la couverture vaccinale en France est très faible. Fin 2018, seulement 23,7% des jeunes filles âgées de 16 ans avaient reçu un schéma vaccinal complet. Cette situation ne pourras pas permettre d'obtenir les effets observés dans les pays à forte couverture vaccinale.

Source : Institut du cancer

Pour ce qui concerne les cancers, les études n'ont pas assez de recul pour voir la protection, car ces cancers s'installent plus de 10 ans après l'infection. Cependant, étant donné l'effet majeur de la vaccination sur les lésions précancéreuses, il est certain qu'il y aura un effet tout aussi important sur les cancers

La protection contre les lésions pré-cancéreuses est, selon les études, de plus de 90% avec le Gardasil9. La protection contre les cancers sera donc de même niveau. Les vaccins actuels ne protègent pas contre 100% des cancers, ce qui rend toujours utile le dépistage par le frottis du col de l'utérus.

La tolérance des vaccins contre les HPV

L'un des freins à la vaccination contre les infections liées aux HPV est lié à la crainte d'effets indésirables. Pourtant, le profil de tolérance des vaccins est satisfaisant et repose sur une surveillance de plus de 10 ans de commercialisation avec plus de 200 millions de doses distribuées dans le monde.

Les vaccins sont, comme tout médicament, très contrôlés. Ce plan de gestion des risques permet de détecter et d'analyser tout effet indésirable observé dans les conditions réelles d'utilisation. Cette surveillance renforcée n'a pas mis en évidence d'élément remettant en cause leur balance bénéfices-risques et a conduit la France, comme de très nombreux autre pays, à recommancer largement la vaccination contre les HPV.

Les principaux effets indésirables observés sont :

  • rougeur, douleur et/ou démangeaisons au point d'injection ;
  • une faible fièvre transitoire dans les heures suivant l'injection ;
  • dans de très rares cas, des allergies au vaccin, faisant déconseiller l'utilisation du type de vaccin injecté.

Un controverse fait état de liens de causalité entre la vaccination et les maladies auto-immunes. La coïncidence temporelle de la survenue d'une maladie après vaccination ne peut être assimilée à un lien de causalité. En effet, aucun lien n'a été montré avec la sclérose en plaques (SEP) ou d'autres maladies. Seule, une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré après vaccination contre les infections à HPV apparaît toutefois probable. Cet effet indésirable est déjà identifié dans l'AMM du produit. La faible fréquence de cet évènement (1 à 2 cas pour 100 000 filles vaccinées).

Source : Institut du cancer

Les vaccins contre les infections liées aux HPV contiennent-ils des adjuvants ?

Les vaccins contre les infections liées aux HPV, comme la plupart des vaccins inactivités, contiennent des adjuvants qui conditionnent leur efficacité. Les sels d'aluminium figurent parmi les adjuvants les plus utilisés dans le monde avec un recul d'utilisation de 90 ans et des centaines de millions de doses injectées.

Les adjuvants servent à :

  • stimuler la réponse immunitaire induite par les vaccins et donc à renforcer l'efficacité du vaccin ;
  • limiter la quantité d'antigène (de virus) nécessaire pour obtenir la réaction immunitaire permettant de protéger la personne vaccinée.
  • élargir le spectre d'efficacité des vaccins, ce qui permet aux vaccins d'agir même contre un virus qui se serait légèrement modifié.

L'aluminium est-il dangereux?

L'aluminium est le métal le plus abondant sur terre. Nous en absorbons quotidiennement par de multiples voies et pratiquement toutes les denrées alimentaires en contiennent, en premier lieu les légumes et les céréales. L'aluminium sert également au conditionnement alimentaire (boisson en canettes). Ainsi, les quantités d'aluminium apportées par les vaccins sont faibles (généralement 0,2 mg à 0,5 mg par vaccins, et jamais plus de 0,85 mg) par rapport aux sources quotidiennes d'apport d'aluminium dans l'organisme (3 à 5 mg chaque jour par voie orale). La dose journalière admissible est bien définie. Des études, issues essentiellement d'une seule équipe dans le monde, ont investigué le lien entre la lésion au site d'injection contenant de l'aluminium dénommée "myofascite à macrophage" et l''existence de symptômes de type fatigue, douleurs musculaires ou articulaires ou de troubles cognitifs. L'analyse des résultats de ces études n'a pas permis de démontrer l'existence d'un lien. Des interrogations sur le caractère inoffensif de l'aluminium des vaccins ont été maintes fois relayées par voie de presse durant ces quinze dernières années ; mais compte-tenu des données disponibles à ce jour à l'échelle internationale, l'innocuité des sels d'aluminium contenus dans les vaccins ne peut être remise en cause.

Source : Institut du cancer